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Starmania

de Luc Plamondon et Michel Berger, mis en scène par Thomas Jolly



23 ans.


C'est le temps qu'il m'aura fallu pour enfin voir Starmania, depuis l'été où ado, une cassette audio piquée à ma mère, m'avait fait découvrir la version originale et ses chansons grandioses.

Cette découverte avait rapidement viré à l'obsession, à l'achat de toutes les autres versions existants en cd, et même la seule version filmée trouvable dans le commerce, la VHS de 1988... J'en connaissais donc chaque scène, chaque intermède, chaque rôle... dans l'attente, enfin, d'un revival pour le voir sur scène, en vrai !




En fan absolue, j'avais mon billet depuis plus d'un an, pour la date du 4 novembre 2022, historique "première" de cette nouvelle version.

Les reports suite à la crise sanitaire n'ont pas entaché l'enthousiasme des starmaniac de tout âge, qui se sont rassemblés à la Seine Musicale à cette occasion, alors même qu'il s'agit encore comme l'indique le site de la salle, d'une représentation de travail, que le metteur en scène peut éventuellement interrompre en cas de besoin.

L'intéressé, Thomas Jolly, s'installe parmi le parterre, à quelques mètres de Raphael Hamburger et Luc Plamondon himself. Il est 20h07, la salle entière frémit.

L'ouverture donne le ton : un piano nimbé de lumière tournoie sur la scène, les notes se diffusent dans un halo bleuté, et bientôt un groupe de musiciens vient se joindre au clavier pour apporter la puissance et l'énergie rock de ces mélodies si familières.


Il va être temps de rencontrer le cast, tenu secret pendant si longtemps.

Pour ne citer qu'eux...

Lilya Adad est une magnifique Cristal, évoquant dans son timbre celui de France Gall, mais aussi son propre style. David Latulippe, tout en puissance, est le nouveau Zéro Janvier. Adrien Fruit apporte la vibe parfaite au rôle de Ziggy.

Enfin, Magali Goblet est éblouissante en incarnant Stella Spotlight, mon perso préféré, elle qui porte les chansons les plus troublantes et complexes de cet opéra rock.

Les tableaux sont des bijoux, en particulier en terme de création lumières, avec des faisceaux qui semblent surgir de partout, tout le temps, pour créer de nouveaux espaces sur la scène, de nouvelles atmosphères. On retrouve dans le décor, qui change tout le temps, des symboliques, comme la forme d'une étoile que l'on devine sur une gigantesque tour rotative. Des effets vidéo amènent la touche de modernité au spectacle.


Alors bien sûr, l'œuvre a été un peu remaniée. Des chansons ont changé de place. La partition originale a été reprise comme base, et on retrouve même le rôle du gourou, qui avait pourtant été gommé dans la version de 88.

Ressort de ce travail un spectacle certainement plus proche de ses racines, mais aussi plus sombre, plus profond.

Exactement ce qu'il devait devenir en 2022.

On apprécie d'autant plus la légèreté des tableaux comme La chanson de Ziggy, et la mélancolie du Rêve de Stella Spotlight.

Pour ma part, il me semble avoir mieux compris, ce que je pensais connaître par cœur.