La corde
- Elem
- 3 oct.
- 2 min de lecture
d'après Patrick Hamilton, mise en scène de Guy-Pierre Couleau
Studio Marigny

De quoi ça parle ?
A l'aube de leur déménagement, Louis et Gabriel ont convié un ancien camarade de prépa, Antoine, à boire un verre... Une invitation qui cache en réalité un sombre dessein, celui de l'assassiner froidement, par jeu, avant la véritable réception organisée pour leur départ et où le cadavre sera dissimulé dans un coffre, au milieu de leurs proches.
Et alors ?
La corde est une agréable découverte, mêlant une atmosphère délicieusement désuète, à une modernité affirmée, entre thriller pur et comédie policière.
On pénètre dans le salon de Louis et Gabriel par ces étranges rideaux tout en transparence (ceux de leur balcon plus que ceux du théâtre), soulignant dès les premiers instants l'importance des effets de lumière dans la mise en scène.
Le décor et les costumes, nimbés d'un halo orangé, nous transportent instantanément dans les années 50.
Très rapidement le meurtre a lieu. Sans mobile. Et c'est la tête pleine de questions que nous glissons de suite vers le second acte de la pièce, la fête qui rassemble les proches, comme des pions triés sur le volet, des deux assassins. C'est aussi ici que le rythme s'emballe, la tension se créé, mais aussi l'humour, dans cette situation improbable qu'est ce dîner au secret sordide.
Les dialogues, comme les personnages, sont parfaitement écrits, et tout aussi bien portés par une distribution de choix. On retiendra, pour ne citer qu'eux, Grégori Derangère en professeur de philo menant l'enquête, Martin Karmann en voisin ingénu, et l'incroyable Myriam Boyer, en mère bourgeoise et suffisante.
Le troisième acte, qui est aussi l'épilogue, n'aura plus cette même énergie, mais apportera la résolution, autour des questionnements sur la morale, le mobile des tueurs, la justice.
Une adaptation réussie de cette pièce de 1929, qui, sur fond de divertissement, évoque aussi philosophie, folie et tensions sociales. Plus qu’un simple accessoire de meurtre, la corde devient ici le fil tendu qui relie suspense, humour et réflexion.





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