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Une histoire d'amour

d'Alexis Michalik

La Scala


De quoi ça parle ? Katia et Justine vivent un amour passionné, pur, au point que Katia pourtant blessée par la vie se laisse convaincre d'avoir un enfant. C'est elle qui le portera, et qui l'élèvera seule après le départ précipité de sa compagne. Douze ans plus tard, mourante, Katia doit confier son enfant, avec pour seule option, William, son frère au passé lourd qu'elle n'a pas vu depuis des années.


Et alors ?


Comment écrit-on, que proposer, quand on a une liberté totale mais la pression d'une oeuvre qui a remporté tous les succès ?

La cinquième pièce d'Alexis Michalik (qu'on ne présente plus !), est un parfait équilibre entre drame social et fable. On quitte définitivement la sphère des fictions historiques, pour un univers qui parvient à garder un style, des codes, malgré le virage opéré... et réussi.


Une histoire d'amour qui en rassemble plusieurs, des liens de couples, de parentés, tissés par des personnages saisissants par leur profond réalisme, écrits, ciselés, à l'instar des dialogues.


Une histoire d'amour aux airs de conte moderne, avec un enchaînement de situations qui poussent les protagonistes dans leur retranchement.


Une histoire d'amour d'une fluidité sans pareille, cinématographique, passant d'une séquence à l'autre en un battement de cil. Les émotions tourbillonnent : l'envie de connaître la destinée de Katia et Justine, puis de William, le passage du rire aux larmes face à ces êtres qui nous touchent, qui vivent véritablement sous nos yeux dans un décor changeant et très fourni (travail de la désormais incontournable Juliette Azzopardi), et qui renforce réalisme et empathie.


Une histoire d'amour d'une apparente simplicité, mais dont les détours nous surprennent et nous tiennent en haleine de bout en bout. C'est pour ma part, la jeune Jeanne qui m'a le plus bouleversée, mélange de maturité douloureuse et d'intensité adolescente, aussi bien écrite qu'interprétée (Violette Guillon pour la représentation vue ce vendredi).

La distribution est d'ailleurs un sans faute.


On entre dans la romance comme on en sort, de façon abrupte, inattendue, et l'épilogue arrive presque trop vite car on ne veut plus quitter ces héros écorchés et combatifs. On emporte forcément un peu d'eux en quittant le théâtre, l'oeil encore un peu rouge mais le sourire aux lèvres.







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